Venus il y a très longtemps du nord de l’Asie, repoussés sans cesse , du Turkestan au désert de Gobi, au sud de la Chine, enfin en Birmanie et en Thaïlande, les karens se sont installés des deux côtés de la frontière entre ces deux pays.
Le Père Alain raconte :
" Une longue migration les a fait venir des marches tibétaines fuyant famines et désordres il y a plus de 300 ans. Ils se sont fixés dans les montagnes des vallées profondes de deux grandes rivières: la Moei et la Salawinn. Mais un jour de 1948, les deux rivières ont été décrétées frontière. Les Karen ont alors été divisés: les uns, 6 millions, se sont retrouvés birmans, les autres thaïs." (MEP, n° 416, mars 2007)
En Thaïlande, ils constituent maintenant la plus importante des tribus du nord (300 000 personnes).
En Birmanie, ils sont 6 millions et le gouvernement de ce pays les persécute, voulant à tout prix les assimiler et ainsi leur faire renoncer à leurs coutumes, ce à quoi ils résistent activement: "la situation politique actuelle en Birmanie va encore compliquer la fragmentation du peuple Karen avec l'apport d'une catégorie nouvelle: les réfugiés. Le régime Birman peu favorable aux Karen les pousse à l'émigration." (MEP, n°416, mars 2007)
En Thaïlande, le gouvernement les ignore et les isole. La frontière thaï-birmane matérialisée par la rivière Salaween est très perméable car celle-ci est traversable à gué en saison sèche, les migrations de karens d’un pays à l’autre sont incessantes: "Ils sont plus de 100000 Karens Birmans à vivre dans les 8 camps de réfugiés ouverts en Thaïlande en 1984, attendant la solution politique qui leur permettra d'envisager un avenir. " (MEP, n°416, mars 2007)
Ce peuple, principalement animiste, parlant uniquement la langue karen, risque de disparaître.
Les Missions Etrangères de Paris tentent donc de le soutenir et de l’aider à se développer et à vivre en harmonie avec le monde thaï.